La solution: se divertir!

Pascal désigne par divertissement  toutes les activités qui nous évitent l’ennui et qui nous empêchent de réfléchir sur nous-même. Il considère les loisirs tels que la chasse, le jeu ou la danse comme des divertissements, ainsi que toutes les activités dites « sérieuses » comme la guerre, la politique ou la recherche scientifique. Sans le divertissement l’homme serait accablé notamment par la peur de mourir, il ne connaîtrait pas un instant de bonheur et de repos.

Le divertissement au sens pascalien est négatif, c'est seulement le moyen qui nous détourne de nous-même, qui nous empêche de regarder la réalité en face. Dans le fragment 168-134, il nous dit : « les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés pour se rendre heureux de n’y point penser ». ( fragment 168-134, Les Pensées, Blaise PASCAL).

Pascal illustre ses idées, ses thèses d’exemples. Entre autre, il nous donne l’exemple du roi qui « occupe le plus beau poste du monde » et qui peut se procurer toutes les satisfactions. Ce roi est entouré de courtisans qui le divertissent et l’empêchent de penser à lui-même, car s’il se retrouve seul face à lui-même, il sera aussi malheureux qu’un autre homme. La cour est le lieu où se tient les deux formes du divertissement, on y traite les grandes affaires mais aussi c’est le lieu des plaisirs et des jeux par excellence. Pour Pascal c’est le modèle de la vie humaine en général.

Le philosophe prend même exemple sur le chasseur . En effet, pour lui le chasseur pense que le lièvre est le but final de sa chasse et que le plaisir de le posséder lui fait accepter toutes les fatigues qu’il se donne pour cela. Mais pourtant il ne voudrait pas l’avoir acheter, donc l’objet qu’il cherche ne le satisfait pas. La chasse ne fait que le détourner de penser à lui-même, c’est la chasse qu’il recherche et non le but de sa chasse. Il croit sincèrement chercher le repos et ne cherche en fait que l’agitation. Mais pour que le divertissement soit intéressant il faut se donner « l’illusion d’un but à atteindre » selon Mesnard. L’agitation de tout cela et l’illusion du repos à venir sont liées dans l’idée du divertissement. Si l’on atteint l’objet désiré, l’ennui suivra toujours. Pascal qualifie de vanité le fait de penser que la possession des choses que les hommes recherchent puisse les rendre heureux. Tout cela met en évidence la double nature des hommes qui aspirent au repos mais qui sont incapables de s’en satisfaire. Pascal explique ainsi cette double nature, fragment 139-136 : « Ils ont un instinct secret qui les poussent à chercher le divertissement et l’occupation au-dehors, qui vient du ressentiment de leurs misères continuelles ; et ils ont un autre instinct secret, qui reste de la grandeur de notre première nature, qui leur fait connaître que le bonheur n’est en effet que dans le repos et non dans le tumulte ». Les hommes cherchent le repos à travers l’agitation. Avec l’expression « la grandeur de notre première nature », Pascal fait référence au pêché originel, au paradis perdu.

Bien qu’il condamne le divertissement, Pascal reconnaît, au fragment 139-136, que « Sans le divertissement il n’y a point de joie ; avec le divertissement il n’y a point de tristesse ». Mais le bonheur procuré par le divertissement est précaire, fragile car il dépend des « mille accidents, qui font les afflictions véritables ». (Les Pensées, Blaise PASCAL)

Le divertissement est la seule solution usuelle au malheur radical de la condition humaine.

 

 

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Remerciements: Aux professeurs qui nous ont encadré, aidé et conseillé, Mr Cayol & Mr Dessaigne. A la documentaliste, Mme Jaffuel qui a pu nous aider dans nos recherches. Et aux autres professeurs du lycée...

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